Carrefour avait le même problème que tous les hypermarchés : les ruptures de rayon. Un article manquant sur le linéaire, personne ne le sait. Les stocks sont pleins en arrière-boutique, mais les clients voient du vide. Les responsables de secteur font des tours manuels chaque matin. La donnée existe — dans les systèmes supply chain. Elle n'atteint jamais le terrain. Le PVR45 était là pour fermer le gap.
Le problème n'était pas les données. C'était le design. Les responsables de secteur avaient besoin d'une interface qui leur dise : "Rayon fruits : 3 ruptures maintenant." Pas "voici un dashboard supply chain." Pas "tapez un code SKU." Les gens sur le terrain ne veulent pas d'outils informatiques. Ils veulent une réponse : quoi faire maintenant ? Le gap : l'UX du système supply chain était invisible aux opérationnels.
Jour 1 : shadowing de 3 responsables de secteur dans 3 hypermarchés. J'ai suivi leurs mouvements, tracé le flux : arrivée, café, tour du rayon, notepad papier, remontée à la gérance. Jour 2 : journey mapping. Les intents clés : savoir où je dois agir maintenant, voir l'impact des ruptures, escalader si besoin. Jour 3 : prototype mobile-first. Interface simple : position géographique du responsable + ruptures à proximité + photo detection IA pour validation sur place. Tests en direct avec 3 utilisateurs en rayon.
Prototype validé en 72h. Les responsables ont compris l'interface en 90 secondes sans tutoriel. Détection de rupture passée de cycle manuel à temps réel. L'outil a été adopté par les équipes sans aucune formation. Le temps de détection d'une rupture est passé de "8-12h" à "immédiat." Carrefour a pu déployer le PVR45 à l'échelle. Les opérationnels l'utilisent tous les jours.
Le prototype n'était pas du code de prod. C'était des écrans cliquables Figma + un modèle de détection pré-entraîné mis à disposition. L'IA était déjà là. L'UX était la variable. Je testais : l'interface était-elle utilisable en vrai contexte ? Pouvait-on scanner une rupture et recevoir une réponse ? Oui → validation. C'était pas de l'IA custom. C'était du design autour de l'IA existante.
Oui. 6 heures de terrain valent 20 interviews. J'ai vu comment les gens bougent, où ils regardent, quand ils sont stressés, comment ils prennent les décisions. Un responsable de secteur ne va pas dire "je suis frustré par le papier." Il va le montrer : sortir un carnet usé, écrire, traverser l'hypermarché à pied. Le terrain te montre ce que les mots cachent.
Parce que les responsables ne sont pas au bureau. Ils sont en rayon. Un dashboard sur un écran fixe, c'est un design pour des gens qui ne font pas le job. Mobile c'était pas une option. C'était l'objet dans leur main. Les tests ont confirmé : en rayon, ils ne consultent l'appli que sur téléphone.
Cadrage 45 min pour définir le prototype et la stratégie de validation.
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